
Reconstruire Manicamp |
par M. Luc Degonville |
Vendredi 28 novembre 2008 |
M. Luc Degonville vient nous présenter le travail d’enquête qu’il a effectué avec ses élèves autour de la reconstruction de leur village en ruines après la première guerre mondiale. En effet, le 11 novembre 1918, la fin des combats retentit, il est cependant des endroits où tout est à reconstruire. Des localités ayant moins souffert sont jumelées avec les villages dévastés et, par solidarité, aident à la reconstruction de ces derniers. C’est ainsi qu’une commune de l’Isère, Pinsot, vient en aide aux Manicampois. Bien des années plus tard, en 1995, un courrier adressé par la municipalité de Pinsot arrive en mairie et rappelle cet événement. Ce document est une lettre de remerciements envoyée par Louise Obled au nom des écoliers de Manicamp. Elle est datée de 1920 et s’adresse aux élèves de l’école de Pinsot, leurs généreux donateurs : « Manicamp, le 15 février 1920. Chers petits ami inconnus, Nous avons reçu votre lettre avec grand plaisir […]. Se sentir encouragé, soutenu, rend plus courageux, votre bienfait ne sera pas perdu […]. Nous ne pouvons vous envoyer, hélas que la vue de nos ruines […]. Nous n’avons plus de maison, les uns habitent dans des baraques de bois, les autres dans des cabanes faites de tôles de tranchées […]. Nous étions autrefois 95 élèves […] nous ne sommes plus que 35 filles et garçons […]. Notre classe est bien pauvre […] quatre pans de murs, un plafond de bois, depuis quelques temps nous avons des vitres, pas une carte, seul un tableau noir fait par notre maîtresse avec du carton bitumé ». Depuis les écoliers de Manicamp ont travaillé sur ce texte et se sont attelés à rappeler trente ans de l’histoire de leur village. Ce sont leurs travaux que M Luc Degonville nous expose ce soir. |
Journée de la Fédération organisée par la Société académique de Chauny |
par Mme Marie-Françoise Wattiaux |
Dimanche 19 octobre 2008 |
Le monde merveilleux des orchidées |
par , M. Michel Guilbert |
Vendredi 26 septembre 2008 |
Pour cette journée de rentrée, M. Michel Guilbert nous entraîne dans le monde merveilleux des orchidées. Mot magique évoquant ces fleurs envoûtantes, auréolées de mystère, aux formes fantaisistes, aux coloris éclatants, aux parfums suaves pour certaines. Fleurs exotiques aujourd’hui chez nos fleuristes et cependant, orchidées fleurs picardes….Vous ouvrez de grands yeux étonnés. « N’importe quoi ! », pensez vous. Et pourtant…Les orchidées forment une vaste famille, présente sur tous les continents. Plus d’une centaine d’entre elles s’épanouissent en Europe et en France, où elles développent des trésors d’ingéniosité pour s’adapter et survivre dans des conditions souvent difficiles. La Picardie et le Laonnois en abritent une bonne vingtaine, d’aspect plus modeste que leurs consœurs exotiques et que vous pouvez rencontrer lors de vos randonnées printanières .Elles n’en sont pas moins belles et attachantes et méritent qu’on apprenne à les découvrir, à les aimer, donc à les respecter et les protéger. |
Voyage annuel |
par Mme Marie-Françoise Wattiaux |
Mercredi 4 juin 2008 |
Le matin, visite du château de Tillolloy et de sa remarquable chapelle. Le repas du midi pris en commun est suivi de la visite commentée de Montdidier : église Saint-Pierre et sa superbe «mise au tombeau» en pierres polychromes du début du XVIe siècle, église Saint-Sépulcre de style gothique flamboyant renfermant 6 tapisseries de haute-lisse tissées à Bruxelles au XVIIe siècle et ornée de vitraux de Jacques Grübert (1870-1930), l’austère façade de l’hôtel de ville flanquée d’un beffroi de 45 m tout en briques ne laisse pas deviner la richesse de la décoration Arts déco de l’intérieur, et, bien sûr, on ne manque pas d’aller saluer la statue de M. Parmentier, enfant du pays. L’après-midi se termine à l’atelier des couleurs de Méharicourt, à la découverte de la waide, «l’or bleu de Picardie ». |
Les vaudois ou Pauvres de Lyon |
par M. Michel Wattiaux. |
Vendredi 30 mai 2008 |
M. Michel Wattiaux nous convie, en préambule à la Journée de la Fédération d’octobre prochain, à la découverte de l’histoire des Vaudois ou Pauvres de Lyon.
En 1173, à Lyon, un certain Valdes, riche marchand ou usurier, selon les sources, fait traduire à ses frais en langue occitane, langue parlée à l’époque, la vulgate, bible écrite en latin. Il se rend alors compte que les membres du clergé se sont, pour la plupart, très largement éloignés des préceptes des évangiles. Frappé par la grâce, il prend soin d’assurer l’existence de son épouse, il place ses filles dans l’ordre de Fontevraud, il dédommage ceux qu’il avait lésés et distribue le reste de ses biens aux pauvres. Curieusement, c’est par une chronique de 1220, dite de « l’anonyme de Laon », vraisemblablement un prémontré qui vécut à Lyon à cette période, que l’on connaît les détails de cette métamorphose. Plus ou moins protégé par l’archevêque de Lyon, monseigneur Guichard, figure majeure de l’ordre cistercien (travail, pauvreté, prière), Valdes, fidèle aux écritures, consacre alors son temps à prêcher la pauvreté et la charité. Il fait rapidement des adeptes, hommes et femmes, qui se nomment entre eux « les Pauvres de Lyon ». On peut le considérer comme un précurseur de saint François d’Assise ou de saint Dominique, sauf qu’il va peu à peu s’opposer à la hiérarchie catholique en accordant à ses fidèles, même féminins, le droit de prédication jusqu’alors réservé aux clercs. Monseigneur Guichard disparu, il se fait rapidement excommunier d’autant plus que l’Eglise doit déjà lutter contre l’hérésie cathare. Valdes et ses disciples vont alors se disperser sans renoncer pour autant à leur prosélytisme. Après la disparition de Valdes vers 1205-1207, ces derniers vont peu à peu durcir leur opposition à l’Eglise romaine par le refus de prêter serment, le refus de la peine de mort, la négation du purgatoire, le refus des indulgences et en contestant aux prêtres en état de péché le pouvoir d’administrer les sacrements. Et, en 1231, quand le pape Grégoire IX instaure l’inquisition, ils entrent en clandestinité et se réfugient dans les hautes vallées alpines du Dauphiné et du Piémont. On en trouvera plus tard en Bourgogne, en Alsace, en Bavière, au Tyrol, en Bohème et jusqu’en Poméranie. Le mouvement, citadin au départ, est devenu rural et pour que la flamme ne s’éteigne pas se crée alors une organisation souterraine : les barbes, sortes de missionnaires allant de village en village, sous couvert de marchands ambulants, vont porter la bonne parole dans les familles et les communautés amies. Cet état de fait va perdurer près de quatre siècles pendant lesquels on connaît de nombreux procès pour hérésie (Jeanne d’Arc ne fut-elle pas taxée de vaudoiserie) et de nombreuses exécutions de vaudois. Il faudra attendre l’émergence du protestantisme et les écrits de Luther à partir de 1517 pour que, peu à peu, des contacts se prennent entre réformés et vaudois et que finalement, vers le milieu du XVIe siècle, le mouvement des Pauvres de Lyon se fonde dans le protestantisme.
Cependant, en Luberon et dans le Comtat Venaissin (Etat pontifical), à partir de 1460, on assiste à une immigration de familles venant des Alpes et connues comme vaudoises. Il faut savoir que la Provence sort alors d’une longue période de famines, de plusieurs épidémies de peste, de troubles et de pillages dus aux guerres entre les deux branches de la famille d’Anjou et le passage des grandes compagnies. De nombreux villages sont dépeuplés et les terres sont incultes. Les grand propriétaires, qu’ils soient nobles ou religieux font donc appel à ce réservoir de main-d’œuvre pauvre, à majorité vaudoise, qui s’est peu à peu constitué dans les hautes vallées alpines. On estime qu’environ 1.400 familles, soit 6.000 personnes viennent s’installer dans cette région jusqu’en 1512. Connaissance nous en est donnée par les « Actes d’habitation » sortes de contrats signés entre les propriétaires et ces familles de migrants. Ces travailleurs reconstruisent les villages, remettent les terres en culture et à condition qu’ils sacrifient aux grandes fêtes catholiques, on les laisse en paix. En fait, par souci économique, la lutte contre l’hérésie passe au second plan. Cette situation va durer jusqu’en 1530 car à cette époque le roi François 1er, troublé par la montée du protestantisme et les querelles religieuses qui ont amené la guerre civile dans les pays germaniques, commence à craindre pour l’unité du royaume. Quant au pape, il craint que des désordres ne se produisent dans les Etats pontificaux. Aussi, d’un commun accord, relancent-ils l’inquisition. ‘’L’affaire des placards’’ en 1534 ne contribue d’ailleurs guère à calmer les esprits. Mais c’est l’année 1540 qui va connaître un événement aux conséquences dramatiques. En effet, cette année-là, deux familles vaudoises habitant au plan d’Apt, convaincues d’hérésie, sont jugées à Aix-en-Provence et leurs chefs sont condamnés à mort, exécutés et leur biens saisis. Or, lors de la confiscation du moulin de Colin Pellenc, l’un des deux suppliciés, des habitants de Mérindol, village à forte majorité vaudoise, provoquent une sorte d’émeute, brûlent le moulin et molestent le nouveau propriétaire, peut être le dénonciateur des précédents. Il s’agit là d’un crime de lèse-majesté puisqu’il y a opposition au pouvoir royal et vingt-deux habitants de Mérindol sont appelés devant le parlement d’Aix pour y être jugés. Faute de se présenter, il sont reconnus coupables des crimes qui leur sont imputés. La cour prend donc un arrêt connu sous le nom d’ « arrêt de Mérindol » qui les condamne à être « bruslez ars ou vifs et sinon exécutez en figure et peinture ».
Curieusement, peut-être sous l’influence de Marguerite de Navarre, sœur du roi et plutôt tolérante vis à vis des réformés, elle sera la grand-mère d’Henri IV, cet arrêt est plusieurs fois suspendu par François 1er , mais en 1545, sous la pression du président du parlement d’Aix, Jean Maynier d’Oppède, et du cardinal de Tournon, ambassadeur du roi auprès du pape, un nouvel arrêt est rendu et appliqué avec sauvagerie. Il se traduit par la destruction complète de 10 villages, la destruction plus ou moins importante de 15 autres, l’exécution de quelques 3 000 vaudois, l’envoi aux galères de 660 autres et le meurtre d’environ 220 personnes non vaudoises qui, par charité, ont nourri ou hébergé des femmes ou des enfants vaudois pourchassés ou mourant de faim. Ces massacres, qui horrifient l’Europe entière, vont laisser un souvenir indélébile, toujours présent dans la mémoire collective de notre belle Provence.
Signalons qu’il existe à Mérindol « L’Association d’Etudes Vaudoises et Historiques du Luberon », la Muse, dont le président, Monsieur Deuker, est l’ancien pasteur de Lourmarin. Quant aux lecteurs intéressés, ils peuvent consulter les travaux que Monsieur Gabriel Audisio, professeur émérite des Universités, a consacré aux vaudois et en particulier aux vaudois du Luberon. |
Sortie printanière |
par M. Jean-Louis Mouton |
Samedi 24 mai 2008 |
Comme chaque année, une petite sortie est proposée aux adhérents. Organisée par M. Jean-Louis Mouton, elle a pour but, cette fois, la visite de l’église de Camelin et de la chapelle Saint-Roch. Ensuite les participants se rendent à Blérancourt, pour visiter successivement la maison de Saint-Just, l’église, l’hôtel de Fourcroy, la mairie et la place du marais. L’après-midi se termine par une collation à l’auberge du Griffon avec une vue magnifique sur le parc du château. |
Antoine-Augustin Parmentier (1737-1813) |
par Mme Marie-Françoise Wattiaux |
Jeudi 24 avril 2008 |
Dans le but de promouvoir la culture de la pomme de terre dans les pays en voie de développement et d’attirer l’attention mondiale sur le rôle qu’elle peut jouer dans l’élimination de la famine, l’ONU a déclaré 2008 «année internationale de la pomme de terre». Comment alors ne pas s’intéresser à Antoine-Augustin Parmentier, apothicaire, picard d’origine et propagateur de la culture de la pomme de terre en France. C’est Mme Marie-Françoise WATTIAUX, présidente de la Société académique, qui nous emmène à Montdidier, où Antoine naquit en 1737, dans une modeste famille de marchands lingers et c’est le hasard qui va décider de son avenir. A 13 ans, il entre comme apprenti à la pharmacie de Montdidier et 5 ans plus tard, il part pour Paris suivre les cours de l’école de pharmacie sise rue de l’Arbalète. Mais sa situation financière ne lui permettra pas de passer sa maîtrise, examen très coûteux à l’époque car c’est l’étudiant lui-même qui doit se procurer les épices ou autres ingrédients nécessaires et souvent très onéreux pour réaliser son «chef-d’œuvre»: nous sommes dans le système des corporations. Sans la maîtrise, le jeune apothicaire restera maître-valet et ne pourra jamais s’installer. Justement Louis XV recrute des apothicaires pour suivre son armée en Prusse (guerre de 7 ans). Antoine s’engage pour le temps de la guerre. Affecté à l’armée de Hanovre en temps qu’aide-pharmacien, il est plusieurs fois fait prisonnier et se rend compte que, dans les geôles prussiennes, on mange souvent une bouillie de tubercules, peu gustative il est vrai mais qui calme la faim. Cela, il ne l’oubliera jamais. A son retour en France, dans la vie civile, il postule pour une place d’apothicaire à l’hôtel des Invalides. Il est reçu en 1766. Il entre donc à nouveau dans l’armée. Aide-major puis major, il passe sa maîtrise en 1774, en faisant une étude sur la cannelle. Plus tard, Bonaparte le nommera premier pharmacien des armées. En 1803, il recevra la légion d’honneur et sera nommé inspecteur général du service de santé des armées de terre.
En 1771 l’académie de Besançon lance un concours dont le thème est « Indiquez les végétaux qui pourraient suppléer en temps de disette à ceux qu’on emploie communément à la nourriture des hommes et quelle en devrait être la préparation ». Voilà plusieurs années qu’Antoine s’intéresse à ce sujet : « Nos soldats ont considérablement mangé certains tubercules pendant la dernière guerre. Ils en ont même fait des excès sans en être incommodés, ils ont été ma seule ressource pendant plus de 15 jours et je n’en fus ni fatigué ni indisposé. Le besoin m’avait condamné à ce régime et le goût me le fit adopter par la suite. C’est parmi les plantes contenant de l’amidon qu’il faut chercher des ressources pour suppléer à la disette des grains ». Il va alors consacrer une grande partie de son temps au développement de la culture de la pomme de terre connue en Europe depuis plus de 200 ans mais peu consommée dans l’alimentation en France. Soutenu par Louis XVI, il réussira à imposer cette nouvelle culture qui contribuera à diminuer, voire à supprimer, les grandes famines de l’époque. Pour le remercier du travail accompli dans le domaine de la chimie alimentaire, en 1795, la Convention le reconnaît comme « Bienfaiteur de la Patrie ».
Mais il va aussi s’enthousiasmer pour beaucoup d’autres causes : il va créer une école de boulangerie, il est démonstrateur de botanique au collège de pharmacie qui deviendra plus tard l’Académie de pharmacie dont il sera le premier président, il est membre de la Société d’agriculture, il collabore à de nombreux ouvrages encyclopédiques, il siège dans de nombreuses commissions de sociétés savantes, il crée un comité de soupes économiques dans 6 quartiers de Paris….Il va aussi s’intéresser à la pollution, promouvoir la vaccination antivariolique. Toute sa vie, il va chercher à approfondir ses recherches sur tous les végétaux nourrissants (raisin, vin, céréales, maïs, châtaignes, champignons…), sans oublier bien sûr tout ce qui concerne les règlements des hôpitaux militaires et le service de santé de l’armée. Il participera aussi à l’écriture de nombreux ouvrages scientifiques, et comprenant l’importance de la vulgarisation, il collaborera largement aux journaux de l’époque en faisant régulièrement paraître des articles spécialisés .Il meurt le 17 décembre 1813 et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris. |
L’eau et ses usages autrefois à Chauny |
par M. Michel Dutoit |
Vendredi 21 mars 2008 |
Située au bord de la rivière Oise, la ville de Chauny va connaître un important essor à partir du Moyen Age, grâce aux métiers liés à l’eau. Un milieu naturel favorable, un partage du pouvoir local entre le roi, les religieux et la commune vont contribuer au développement de la cité. Ainsi les comtes du Vermandois, et, à partir de 1213, le roi de France, utiliseront l’eau pour les défenses de la ville. De même ils veilleront à maintenir l’Oise navigable à partir de Chauny.
Des chanoines réguliers, attachés à la congrégation d’Arrouaise, valoriseront les zones inondables et installeront d’importants moulins hydrauliques sur la rivière et ses différents bras. Les habitants développeront divers métiers liés à l’utilisation de l’eau en faisant respecter les droits obtenus lors de la fondation de la commune.
Au Moyen Age la ville de Chauny est prospère et les différents usages de l’eau sont très réglementés. Un équilibre est trouvé pour avoir en amont une eau propre pour les brasseries, les blanchisseries…et à la sortie de la ville nous trouvons les activités entraînant de fortes nuisances : le rouissage du lin, les tanneries…. Les religieux qui font des réserves en eau pour les moulins doivent s’assurer que le débit des ruisseaux est suffisant pour éviter une pollution en ville.
Approvisionner en bois et en denrées alimentaires la ville de Paris est un souci pour les rois de France. Pour cette raison ils chercheront à améliorer la navigation sur la rivière. Le port de Chauny sera aussi utilisé par la manufacture royale de Saint-Gobain pour expédier d’immenses miroirs obtenus par coulage. Lors de la Révolution, la manufacture deviendra propriétaire des moulins hydrauliques qui seront transformés pour le polissage et le doucissage des glaces.
Peu à peu, avec le progrès des techniques, les métiers liés à l’eau vont disparaître et laisser place à de nouvelles activités. La prospérité de Chauny reposera alors sur le développement de la chimie.
A la suite de cette communication se tient l’assemblée générale ordinaire de notre société sous la présidence de Mme Marie-Françoise Wattiaux. L’assemblée générale est suivie de la réunion du conseil d’administration afin d’élire le bureau de l’année 2008 ce qui permet d’accueillir Mme Laurent et M. Joubert. Ce dernier accepte la fonction de vice-président en remplacement de M. Sénéchal, décédé. |
Sur les pas d’Henri IV (2ème partie) |
par M. Michel Pugin |
Vendredi 29 février 2008 |
Nous avons vu, le mois dernier, comment Henri IV, sur les conseils de Sully, abjura solennellement le protestantisme le dimanche 25 juillet 1593 dans l’église abbatiale de Saint-Denis, et après bien des négociations. Le 27 mars 1594, Rouen se ralliait à la cause royale. Pour Henri IV, la campagne de Normandie pour conquérir son royaume était terminée. Il allait se tourner maintenant vers la Picardie et particulièrement vers l’Aisne afin de rallier à sa cause les villes de Laon et de La Fère. |
Sur les pas d’Henri IV (1ère partie) |
par M. Michel Pugin |
Vendredi 25 janvier 2008 |
C’est presque par hasard qu’Henri de Navarre devient roi de France sous le nom d’Henri IV en 1589 : il a fallu des absences de descendance, l’application de la loi salique, l’intervention des généalogistes royaux pour qu’il en arrive à ce titre. Son avènement est cependant mal perçu par une grande partie des Français car c’est un protestant qui monte sur le trône de la très catholique France alors qu’existe dans le royaume la puissante Ligue dirigée par la famille des Guise contre la montée du réformisme.
A son avènement, Henri IV est un roi dans un royaume tronqué avec des provinces qui ne le reconnaissent pas. Le nouveau roi va donc devoir partir à la conquête de ses terres et nous serons alors «sur les pas d’Henri IV durant la conquête de la Normandie». |
La monnaie de papier. |
par Daniel Andrieu |
Vendredi 30 novembre 2007 |
M. Daniel Andrieu, membre de notre Société, nous expose l’origine de la monnaie de papier.
Pour fabriquer du papier-monnaie, il faut du papier, un système de marquage et l’idée que le papier peut remplacer la monnaie métallique.
En l’an 105 de notre ère, le ministre chinois de l’agriculture Tsaï-Lun met au point la fabrication du papier. Il fait broyer des fibres de mûrier ou de bambou mêlées à des fibres d’ortie chinoise. La matière obtenue est foulée avec de l’eau. La pâte obtenue est amincie en couches fines, les feuilles ainsi produites sont séchées sur des claies de bambou.
Vers l’an 1000, sous la dynastie des Song apparaît le papier-monnaie. Au début, il s’agit d’un certificat de dépôt sur des marchandises entreposées. Marco Polo, lors de son séjour chez l’empereur Kubilaï-Kahn (1271-1295) verra du papier-monnaie portant les mentions de nos billets actuels.
L’invention du papier gagnera l’Europe au XIIe siècle. Le papier-monnaie naîtra sous la forme d’effets de commerce (contrats de change, lettres de change). La banque des Médicis, puis celle de Fugger, avec leurs filiales à l’étranger, vont faciliter les échanges, en particulier grâce à la lettre de change qui sécurise et limite le transport des monnaies.
Le perfectionnement du procédé d’impression typographique par Gutemberg, vers 1440, donnera bientôt naissance à des monnaies de papier.
En 1609, une banque hollandaise émet des billets libellés en chiffres ronds. Le sérieux des gestionnaires fait qu’Amsterdam devient la 1ère place financière de l’époque.
L’évolution des techniques financières viendra principalement d’Angleterre où apparaît, entre autres, le chèque au milieu du XVIIe siècle.
En 1701, sous Louis XIV, le directeur de la Monnaie ne peut rendre assez de nouvelles pièces contre les pièces démonétisées. Faute de pièces, il remet des « billets de monaye ». Les dettes de l’Etat sont telles que l’on imprime plus de billets qu’il n’est raisonnable. La dépréciation atteint vite 80%.
Toujours à court d’argent, la Régence de Philippe d’Orléans se lance dans le système proposé par l’Ecossais John Law pour qui « le numéraire est le sang de l’économie ». L’expérience se termine par une énorme faillite, mais a aussi des effets bénéfiques sur le développement des affaires, la croissance du revenu national, l’allègement des dettes de l’Etat.
Une autre expérience monétaire est celle de l’assignat pendant la période révolutionnaire. L’Assemblée constituante, le 2 novembre 1789, nationalise les biens de l’Eglise, de quelques ordres religieux et les biens de la Couronne. Elle crée des obligations à ordre sur ces biens : les assignats. L’assignat deviendra une monnaie le 29 septembre 1790. Le gouvernement multiplie la quantité de papier-monnaie. Ceux qui ont acheté des assignats peuvent acquérir les biens confisqués. Les grands gagnants seront l’Etat qui peut financer la guerre, les personnes habiles qui ont acquis des propriétés au quart de leur valeur réelle; les grands perdants : la population située au bas de l’échelle sociale.
Au début du Consulat, le 6 janvier 1800, des banquiers proposent à Bonaparte, premier consul, la création d’une banque de dépôt, d’escompte et d’émission de billets. Cette banque, soutenue par l’Etat, sera baptisée « Banque de France ». Après plusieurs modifications de statut, la Banque de France devient la banque nationale.De 1803 à 1914, la France jouit d’une relative stabilité monétaire. La Banque de France peut rembourser en or les billets.
En juillet 1919, on constate que les moyens de paiement ont été multipliés par trois. Raymond Poincaré remettra la machine financière en marche, mais l’économie réelle n’est pas meilleure. Le 24 juin 1928, Poincaré stabilise la monnaie sur un taux dévalué : le nouveau franc est cinq fois plus léger que le franc germinal. Le début des années 30 verra la fin de l’embellie monétaire.
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Le bicentenaire du cadastre (1807-2007). |
par Jean-Louis Mouton |
Vendredi 26 octobre 2007 |
M. Jean-Louis Mouton, secrétaire adjoint de notre Société, nous retrace la mise en place du cadastre de l’Antiquité à nos jours.
Dès la plus haute antiquité, les peuples ont éprouvé le besoin de recenser les propriétés terriennes et d’en estimer la valeur, de façon à avoir une base pour l’établissement de l’impôt. Que ce soit sous la domination romaine en Gaule, sous le règne de Guillaume le Conquérant en Angleterre avec son Domesday Book, la même préoccupation de déclaration des propriétaires s’est retrouvée au Moyen Age.
A la Révolution, les cahiers de doléances ont souvent mentionné la nécessité d’uniformiser les poids et mesures afin d’établir les bases justes de calcul de l’impôt. Une première approche du problème a consisté en l’établissement d’un cadastre par masses de cultures en 1803. Mais cette opération, ayant révélé très vite ses limites, fut suspendue au bout de 5 ans.
Il faudra attendre la loi de finances du 15 septembre 1807 initiée par Martin-Michel-Charles Gaudin, duc de Gaëte, pour jeter les bases concrètes du cadastre napoléonien destiné à compléter le code civil de Napoléon pour asseoir les bases juridiques de la propriété foncière.
Les travaux de confection de ce nouveau cadastre commencés en 1808 s’étalèrent sur plus de 40 années et c’est le département du Cantal qui marqua la fin des travaux en 1850. Ce cadastre comprenait trois parties : le plan parcellaire, le registre des états de section et la matrice cadastrale établis pour chaque commune. Mais ce cadastre ne prévoyait pas de révision et montra très vite ses limites de par la fixité des évaluations et l’immuabilité du plan.
De 1890 à 1930, diverses tentatives de réforme du cadastre virent le jour, mais il fallut attendre la loi du 16 avril 1930 prévoyant la révision, par voie de mise à jour, du cadastre napoléonien et les décrets de 1955 sur la réforme de la publicité foncière qui a rendu obligatoire la désignation des biens par leurs identifiants cadastraux. La loi du 10 janvier 1974 prévoit le remaniement du cadastre dès que nécessaire.
Depuis quelques années, le cadastre a été numérisé et se présente désormais sous la forme d’un CD-ROM mis à jour chaque année. A la fin de l’année 2007, il sera consultable sur Internet. |
Journée de la Fédération |
Dimanche 21 octobre 2007 |
Elle s’est déroulée à Laon, à la Maison des Arts et Loisirs et à la cathédrale, avec pour thème : « L’Aisne et la musique à travers les âges ». |
Les présidents de la République des origines à la Ve République |
par René Gérard |
Vendredi 28 septembre 2007 |
M. René Gérard, vice-président de notre Société, nous fait revivre à l’aide de documents les mandats des différents présidents de la République qui se sont succédés jusqu’à l’aube de la Ve République. |