
Hommage à Paul Seret |
par Dominique Fabre |
Vendredi 12 décembre 2008 |
La conférence sur le peintre-dessinateur Paul Seret a largement utilisé des moyens de projection et a montré, sous forme de photographies, près de 200 dessins et croquis de cet artiste. Le présent compte-rendu ne fait donc qu’évoquer la trame d’une présentation essentiellement iconographique.
La conférence débute sur une rapide présentation de l’arbre généalogique de la famille Seret pour signaler les données pertinentes pour Paul Seret (1864-1937), fils de Jules Seret (1828-1905), fondateur des célèbres magasins saint-quentinois, jumeau d’Armand Seret (1864-1936) et beau-père de Pierre Cassine à l’origine du legs à la Ville de Saint-Quentin de divers biens de la famille Paul Seret, dont l’œuvre peint et dessiné de l’artiste. Ce fonds est désormais déposé au musée Antoine Lécuyer.
La présentation vise à montrer les différentes facettes du talent de l’artiste, ainsi que de ses points d’application. Passé par l’Ecole de La Tour et les Beaux-Arts, Paul Seret avait un indéniable sens du trait et un regard d’une singulière acuité. Esthétiquement, il est sensible à des influences passées (La Tour, peut-être Watteau - sur la thématique des petits métiers - ; son mode de traitement des voyages rappelle les Carnets de Voyages de Delacroix ; on sent la trace de Millet à Milly). De façon contemporaine à sa propre vie (l’ « air du temps »), on peut évoquer Manet sur certains sujets, Boldini sur le traitement de certains sujets féminins, Jean Béraud, peintre de la vie parisienne. Promeneur déambulant dans Saint-Quentin, Paris, Berlin, Oxford ou Madrid, il observe et croque, ici ou là, un portrait, une silhouette, sur des carnets ou des supports improvisés (dos de lettres ou d’enveloppes, etc.). Il accompagne ensuite ce premier trait d’un appui à l’encre de Chine, au lavis ou à l’aquarelle. Il lui arrive d’apposer un monogramme. Les carnets sont, le plus souvent, en format de 19 x 11 à l'italienne et peuvent comporter jusqu’à 10 sujets par page, souvent entremêlés ou superposés. D’autres carnets plus récents (1918-1936) ne font apparaître qu’un sujet par page. On peut, sur cette base, faire une estimation grossière à savoir qu’avec une moyenne (fictive) de 5 sujets/page et avec 50 pages/carnet, sur un inventaire de 21 carnets, on obtient 5 250 sujets. La difficulté de la mesure vient de ce que, à juste titre, les inventaires du « legs Cassine » reposent sur une prise en compte des carnets, mais qu’une approche exhaustive de l’œuvre mériterait un chiffrage et une dénomination de l’ensemble des sujets, carnets et tableaux assemblés. Les points d’application de ses observations sont les femmes (et, surtout, l’élégance ou la simplicité de leurs tenues vestimentaires), les petits métiers, les paysages, les voyages (Allemagne, Espagne, Rome, Bourgogne, Angleterre, Berck, Le Crotoy).
La partie la plus connue de l'œuvre de Paul Seret réside dans l’illustration du célèbre Sous la botte d’Elie Fleury, publié en 1922. Le conférencier attire l’attention de l’auditoire sur le fait que cet ouvrage comporte deux sources placées sur des chronologies différentes : d’une part, l’apport de Paul Seret qui sont des croquis sur le vif de 1914 à 1917, d’autre part, le texte d’Élie Fleury, rédigé de 1919 à 1922, donc postérieurement aux événements qu’il relate. Alors que le texte est assez dur et témoigne du ressentiment national classique de la période d’après-guerre, les croquis montrent un regard plus nuancé. Le carnet qui comporte les croquis sur le vif est intitulé : Ceux qui ont voulu la Guerre joyeuse. Schadenfreude (Joie de nuire). Visions d'Histoire. Choses vues. Croquis de Fritzs. Pendant la guerre de 1914. À Saint-Quentin. Par Paul Seret. Ce livre a été enterré quelques jours avant l'évacuation des habitants de Saint Quentin. Il est resté enterré jusqu'à notre rentrée
Paul Seret apporte, à Sous la botte, 211 croquis répartis comme suit : 41 croquis pour 1914, 70 pour 1915, 87 pour 1916, 13 pour 1917. Paul Seret est souvent ironique sur ceux qu’il appelle « les Premiers Boches de l’Occupation » car, bien que vaincus sur la Marne, c'est en vainqueurs que les Allemands impériaux entrent et s’établissent à Saint-Quentin, vers le 5 ou le 6 septembre 1914. Paul Seret porte un regard de tendre compassion sur les Saint-Quentinois qui connaissent alors les évacuations (Réquisition et enlèvement de marchandises ), les expulsions (Expulsés de leur maison, Monsieur et Madame L. ), les contributions (M. Soret, Receveur municipal préparant une contribution de guerre), les privations (Laitière ayant pu pénétrer dans la ville, Retour de ravitaillement), les exécutions (Le salut du Lieutenant Hauss) Il observe le maintien d'une vie quotidienne (Un gosse pendant la guerre, Enfant imitant le pas de parade, Première communion pendant l’occupation).
Mais, à vivre tous les jours ensemble, fut-ce en ennemis, les liens se tissent et le regard de Paul Seret sur les occupants change… Les Sœurs infirmières acquièrent, sous son crayon, une dimension humaine. Il observe que la guerre apporte aussi aux occupants la fatigue : (Rentrant du front), les blessés, les convalescents, les hommages funèbres (Suivant le convoi). Bourgeois français, républicain ayant mentalement intégré les conséquences de la Révolution française, Paul Seret observe des Allemands impériaux qui continuent de vivre dans une société d'Ancien Régime marquée par la domination, la morgue de la haute aristocratie, les manières affectées des officiers, les privilèges. Paul Seret ne manque pas d'ironiser sur les mœurs de ces officiers supérieurs : La bonne Samaritaine … - Allemande venue pour la Guerre fraîche et joyeuse - Elle s'habille à Berlin. Paul Seret sent la lassitude miner cet édifice social et militaire (Le Tire au flanc), édifice qui ne tient que par le verrouillage politique (Correspondant de guerre allemand - La lecture du communiqué - Journaliste allemand).
Le conférencier présente ensuite la contribution de Paul Seret à l’Exposition de 1937.
Pour conclure, sont évoqués les traits saillants de Paul Seret : miniaturiste de talent ; observateur avisé ; respectueux des personnes, il campe avec minutie les types humains et sociaux. Il brille par un goût des tissus et des tenues féminines. En nous restituant les Saint-Quentinois et les Saint-Quentinoises de 1885 à 1917, il constitue un pan discret mais distingué du patrimoine culturel de cette ville. |
Une famille saint-quentinoise : « Les Chauvenet » |
par M. Georges Lefaivre |
Vendredi 14 novembre 2008 |
Détenant les archives de sa famille maternelle, dont le nom est éteint depuis la disparition, en 1977, de son dernier représentant masculin, Georges Lefaivre nous a retracé la longue lignée de sa présence dans notre ville. Ce fut l'occasion de parcourir près de quatre siècles de notre histoire, les Chauvenet ayant, à chaque génération, servi particulièrement sous les armes, dans notre région. |
Souvenir du 1er octobre 1918 : la libération de Saint-Quentin, la ville dévastée, les retours |
par M. André Triou. |
Vendredi 17 octobre 2008 |
Nous sommes au 90e anniversaire de la libération de la ville par les troupes alliées, le 1er octobre 1918, une quarantaine de jours avant l'armistice du 11 novembre. On se souvient de l'exode des Saint-Quentinois (communication du 23 mars 2007) - 43 000 habitants chassés. C'est la fin de cet épisode dont il est ici question.
En première partie, évocation de la bataille de Saint-Quentin de mi-septembre au 10 octobre, puis la libération, ponctuée de la lecture, par plusieurs assistants, de simples et très émouvantes lettres de l'époque.
Ensuite, une projection lente et en continu de nombreuses photos de Saint-Quentin dévastée, telle que l'ont trouvée les habitants au retour, est regardée dans un silence de plomb, preuve de l'émotion générale.
A la reprise, évocation de la réinstallation des Saint-Quentinois et des débuts de la reconstruction, mais surtout de la réinstallation courageuse des Saint-Quentinois dans leur ville dévastée.
Chacun a pu évoquer ensuite ses souvenirs personnels ou familiaux.
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Journées européennes du Patrimoine |
par un collectif |
Samedi 20 septembre 2008 |
- Visite commentée de la Société académique
- Visite guidée de notre musée archéologique
- Communication de M. François Waendendries : Le bleu égyptien.
- Communications de Mme Monique Séverin : Antoine Bénézet, un Saint-Quentinois à Philadelphie et La disparition du Colonel Baudinot.
- Projections par M. André Triou : Dernières images, derniers souvenirs de la Grande Guerre.
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L' abbaye cistercienne, un lieu de vie |
par Jean-Louis Tétart |
Vendredi 20 juin 2008 |
Créé à la fin du XIe siècle, l’ordre cistercien va rapidement développer une architecture aboutie. Si la règle de saint Benoît ne décrit que succinctement l’ordonnance et la construction des bâtiments nécessaires à la vie d’une communauté de moines et de frères convers, l’application stricte de cette règle imposera une utilisation de l’espace et une dispersion des constructions rationnelles. L’architecture cistercienne est celle de son temps, romane puis gothique. Elle utilise les matériaux locaux. Les XIIe et XIIIe siècles sont ceux du développement de nombreux ordres religieux ; celui de l’ordre cistercien couvre l’Europe de ses abbayes. C’est à la visite de l’une d’elles, faite de photographies de plusieurs d’entre elles, à laquelle nous sommes invités. |
L'Histoire de Saint-Quentin dépend de sa géographie |
par M. André Triou |
Vendredi 23 mai 2008 |
Toute l'histoire de la ville dépend de sa situation par rapport aux grandes lignes géographiques qui se partagent notre pays.
Les voies romaines, au début de notre ère, permettaient déjà le grand trafic commerçant de la Méditerranée aux Flandres et la liaison avec le bassin parisien. La fondation de Saint-Quentin a créé un nœud de communications, source de prospérité jusque vers 260.
A partir du moyen âge se sont succédé des périodes fastes qui se terminaient par des crises profondes ou des destructions fatales. La frontière du nord de la France s'est trouvée jusqu'au XVIe siècle sur la Somme et Saint-Quentin est devenue un bastion essentiel de notre défense.
La prospérité du temps des Lumières a fait de notre ville un centre vital du commerce des étoffes de lin pour toute l'Europe et jusqu'en Amérique espagnole. La révolution industrielle a donné l'occasion d'être un modèle de dynamisme, où le canal, les voies ferrées et la croissance de la population l'ont placée à nouveau au premier rang européen : « le Manchester français ». Cette réussite permet de comprendre comment notre population est passée de 10 000 habitants en 1800, à 55 000 en 1914.
Nous n'avons pas depuis connu de progression si forte. Lorsque l'on regarde les voies de communications actuelles, on y retrouve les grandes directions que les Romains avaient choisies il y a deux mille ans. L'ardeur des hommes a fait le reste.
Cette communication, illustrée par de nombreuses images tirées d'un peu partout, a donné lieu à de nombreux échanges de vues avec l'assistance fort intéressée. |
Sortie de printemps à Joncourt |
par M. Francis Mareuse. |
Samedi 26 avril 2008 |
Accueillis par M. Brûlé, Maire de Joncourt, nous avons visité l'église Saint-Martin. Jean-Marc Noblesse, à l'aide d'une projection de prises de vues de l'église avant, pendant et après les travaux, nous a fait mesurer l'ampleur de ceux-ci, réalisés sous sa direction avec une équipe de jeunes en chantier d'insertion. Nous avons été reçus ensuite par M. Carpentier pour un agréable goûter pour l'anniversaire de l'organisateur. |
Les horizons de l'Union européenne 2008-2009 - La Turquie |
par M. Dominique Fabre |
Vendredi 28 mars 2008 |
Reposant sur des présentations de documents projetés ou illustrés musicalement, la conférence a eu pour « fil rouge » l’observation selon laquelle les questions relatives à l’Europe apparaissent très techniques mais, alors que le débat public les concernant n’est pas régulé et s’avère souvent peu éclairant, ces questions demeurent intelligibles.
L’intervention cherche donc à faire apparaître quelques clés de compréhension. Tout d’abord, une clé historique : la construction européenne a pour fondement la recherche de la sécurité du continent. L’objectif dans les années 50 était d’éviter tout retour de la guerre. Ainsi, cette initiative est, et demeure, une entreprise diplomatique plus qu’économique, alors que son image publique reste surtout économique et monétaire. Pour établir la paix sur le continent européen, il fallait que les politiques et les diplomates établissent à la fois un outil multilatéral, la construction européenne, et un cadre bilatéral, les relations franco-allemandes. Les opinions nationales dans chacun de ces deux pays étant peu prêtes, en 1950, à accepter rapidement une solution bilatérale, après la violence de la guerre, le dispositif multilatéral fut donc constitué en premier. Ainsi, trouve-t-on le « code génétique » dans la déclaration de Robert Schuman, alors ministre des Affaires étrangères, du 9 mai 1950 : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée : l’action entreprise doit toucher au premier chef la France et l’Allemagne. » Dans son principe, cette déclaration montrait que le souci de pragmatisme prenait le pas sur l’intention d’une construction globale fondée sur un système. Le choix du charbon et de l’acier (dans la CECA) comme point d’application de cette communauté multilatérale se justifiait par le fait que la carbo-sidérurgie était l’épine dorsale de l’économie, que cette communauté permettait de sortir des quotas gérés par les trois puissances occupant encore l’Allemagne et, qu’incidemment, elle réglait la pomme de discorde franco-allemande sur la question de la Sarre. Les relations bilatérales entre la France et l’Allemagne ne se concrétisent qu’avec le traité de l’Elysée du 22 janvier 1962, même si les deux diplomaties française et allemande coopéraient étroitement depuis la crise de Suez (octobre 1956). Ensuite, étape après étape, cette communauté initiale fut à la fois élargie en compétences (Union douanière, Marché commun, Marché unique, Monnaie unique, etc.) et en membres (de 6, à désormais 27).
Ensuite, une clé sociologique : la logique institutionnelle du fonctionnement de la Communauté européenne est très particulière et repose sur ce qui est communément dénommé le « gradualisme », à savoir ce principe selon lequel, conformément à la déclaration Schuman, l’Europe ne se fait pas d’un coup et qu’elle avance donc par étapes. Une des marques du gradualisme apparaît dans le fait que la plupart des traités comportent une partie à caractère « expérimental » qui sera reprise, adaptée puis intégrée dans un traité ultérieur, une autre partie mature et immédiatement utilisable et, enfin, une dernière partie qui adapte et valide les stipulations expérimentales de traités antérieurs. Enfin, une clé plus politique, à savoir le problème de lisibilité de cette construction européenne. Il s’agit d’un vrai problème de réflexion et de philosophie politiques. Cette construction brille par sa complexité et sa technicité. Dès lors, elle tend à être une affaire de spécialistes (« technocrates », « lobbyistes »). De ce fait, la gestion au quotidien échappe au plus grand nombre, alors même qu’au travers d’élections au parlement européen au suffrage universel direct, on cherche à construire une représentation démocratique plus fédérale. C’est de cette tension entre une aventure historique qui conserve son caractère diplomatique et une tentative de construction d’une opinion et d’une représentation parlementaire, que naît un hiatus croissant repérable au désintérêt des opinions publiques.
Cette construction reste une réussite comme en témoignent les élargissements récents et les nombreuses candidatures actuelles. Il est d’ailleurs à noter que l’Europe attire plus les pays extérieurs que ceux qui la composent car, en son sein, se dilue et se dénature son concept originel. Ainsi, un étudiant turc voit dans l’Europe la liberté de circuler et d’étudier ailleurs que chez lui alors qu’un industriel portugais ou un agriculteur français y voit surtout … des subventions.
Dans une dernière séquence, le conférencier esquisse une présentation du problème de l’éventuelle entrée de la Turquie dans l’Union européenne, en souligne les composantes démographiques, politiques, religieuses, économiques (hydraulique, énergie) et termine par quelques éléments parfois absents du débat public en France : la complexité et l’hétérogénéité de l’Islam en Turquie, la laïcité constitutionnelle de ce pays, la difficulté des questions arménienne et kurde. Le conférencier conclut par la présentation d'un moment audiovisuel et musical des différentes facettes de la culture turque.
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Aux origines de Saint-Quentin |
par Jean-Luc Collart |
Vendredi 29 février 2008 |
L'importante communication de l'auteur parue dans le tome LII des Mémoires de la Fédération sur les origines de Saint-Quentin a fait connaître les dernières avancées sur le sujet, développées ce jour. Ce sont maintenant les fouilles en cours à la basilique qui, chaque année, depuis 2003, apportent de nouvelles découvertes qui confirment et complètent les précédentes sur les origines de notre ville. Il nous faudra attendre les prochaines fouilles de M. Sapin et de son équipe pour clore, provisoirement sans doute, le sujet.
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Assemblée générale annuelle |
par M. André Triou |
Vendredi 1 février 2008 |
Assemblée générale annuelle, salle des mariages de l'hôtel de Ville, A propos des anniversaires de 1557 et 1917, par M. André Triou.
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L'Harmonie municipale de Saint-Quentin |
par Francis Crépin |
Mardi 11 décembre 2007 |
L'Harmonie municipale de Saint-Quentin est une vieille dame dans l'histoire de la ville puisqu'elle a été créée en 1902.
On sait qu'au XIXe siècle existaient déjà de nombreuses formations musicales dans Saint-Quentin. Leurs musiciens étaient le plus souvent issus de la très féconde Ecole de musique municipale. On peut citer principalement l'Harmonie de la Garde nationale, la Société d'Harmonie, la Fanfare des Sapeurs-pompiers, la Société des Orphéonistes saint-quentinois, la Lyre saint-quentinoise, etc.
En fait, l'Harmonie municipale, créée par décision municipale en 1902, est le fruit du regroupement de la Société d'Harmonie et de la Fanfare des Sapeurs-pompiers.
Son premier chef, nommé par la Ville est Monsieur A. Belle, directeur de l'Ecole de musique. Son sous-directeur n'est autre que Gustave Cantelon, professeur de musique au lycée Henri Martin et carillonneur de la ville.
Suivant ses statuts, l'Harmonie municipale est présidée par le maire et administrée par un conseil composé de neuf membres nommés par la municipalité. Les comptes rendus des séances du conseil municipal de l'époque nous renseignent sur le montant des sommes allouées par la Ville pour l'achat des équipements nécessaires au fonctionnement de l'orchestre (instruments, partitions, mobiliers, etc.), ainsi que sur les débats et décisions concernant le choix et l'achat des uniformes pour les musiciens.
Très vite, l'Harmonie municipale présente sa candidature à des concours de musique dans les différentes régions de France. Elle remporte le plus souvent succès et distinctions.
Elle sera successivement dirigée par A. Belle (1902-1908), Pierre Aubert (1908-1914), Gustave Cantelon (1920-1921), Léon Delacourte (1922-1931), Léopold Brunaux (1931-1937), Léon Delacourte (1937-1939).
Après la Seconde Guerre mondiale, la renaissance de l'Harmonie municipale s'effectue, en 1946, sous la baguette de Lucien Sauvage. Depuis 1946, l'orchestre n'a connu que trois directeurs, tous trois professeurs au conservatoire de Saint-Quentin : Lucien Sauvage (1946-1954), Roland Dupré (1954-1989) [qui fut cependant, pour raison de santé, remplacé pendant deux ans par Gérard Bustin] et Pascal Lenglet, depuis 1989.
L'Harmonie municipale de Saint-Quentin compte actuellement, avec sa batterie-fanfare, une cinquantaine de musiciens qui savent dignement perpétuer les traditions de cette formation centenaire. Elle reste, d'une part, la phalange musicale chargée par la municipalité d'assurer une participation aux cérémonies commémoratives dans la Ville et, d'autre part, un groupe de travail proposant aux Saint-Quentinois, différentes formes de concerts dans des registres musicaux les plus variés. |
Arras et Saint-Quentin. Similitudes entre deux villes |
par Maryse Trannois |
Vendredi 16 novembre 2007 |
A l'aide de projection de nombreux documents et photos, Annette Poulet et Maryse Trannois ont évoqué les points communs entre ces deux villes. La ville d'Arras a, avec Saint-Quentin, d'intéressantes similitudes. L'une préfecture et l'autre sous-préfecture, elles sont devenues villes annexes d'une grande université. L'une et l'autre disposent de très vastes espaces verts et de cours d'eau en ville, d’une cité de la nature à Arras et d’une maison de la nature à
Saint-Quentin, d’un très bel hôtel de ville et de belles places pour toutes les deux, d’une
cathédrale impressionnante à Arras et d’une remarquable basilique à Saint-Quentin. Chacune a son théâtre à l'italienne. Le textile a fait leur richesse et leur renommée : la tapisserie d'Arras
et les broderies, tulles et guipures de Saint-Quentin. Chacun des musées dispose de remarquables collections: œuvres hollandaises à Arras et pastels de Quentin de La Tour à Saint-Quentin entre autres. Chacune a son révolutionnaire : Robespierre, né à Arras, et Gracchus Babeuf, né à
Saint-Quentin; ses souterrains : les Boves d'Arras et les Prisons du Roi de Saint-Quentin ; ses géants du moyen-âge : Jacqueline et Colas pour Arras, Eléonore et Herbert pour Saint-Quentin. Les fêtes publiques qui y sont associées renaissent de nos jours et aussi les foires à l'andouillette pour l'une et au boudin pour l'autre. Meurtries et en grande partie détruites à la Grande Guerre, elles ont l'une et l'autre hérité de la Reconstruction un remarquable patrimoine Arts déco qui, remis en valeur, incite à de très longues visites le nez en l'air pour en apprécier tous les détails et à la venue de plus en plus importante de touristes.
Nous aurions aimé en savoir plus encore. Pourquoi pas une visite un jour ? |
Eloge du connétable Anne de Montmorency (1493-1567) |
par Georges Lefaivre |
Vendredi 26 octobre 2007 |
Monsieur Georges Lefaivre a tenu à rendre hommage au chef de l'armée royale, même et surtout parce que nous avons évoqué son échec lors de nos recherches sur 1557. Il considère que le connétable a été injustement accusé pour incompétence, alors que sa carrière méritait tous les éloges. Il représente pour nous le modèle des derniers chevaliers français.
Il passa son enfance avec le comte d'Angoulême, le futur François 1er, fit, tout jeune, ses premières armes sous Gaston de Foix à Ravenne en 1512, puis se distingua à Marignan. Il seconda Bayard, fut promu maréchal de France en 1522 après la bataille de La Bicoque et fit lever le siège de Marseille en 1524. Prisonnier avec le roi de France à Pavie en 1525, puis racheté, il contribua au traité de Madrid remettant en liberté le roi et reçut, en récompense, le gouvernement du Languedoc, la charge de grand maître de France et l'administration des affaires de l'Etat.
La défense de la Provence contre Charles Quint en 1536 et le forcement du Pas de Suze en 1538, lui valurent l'épée de connétable.
Fait duc et pair de France après la reprise de Boulogne sur les Anglais en 1551, des accords commerciaux furent alors noués avec eux, aboutissant à une véritable entente cordiale.
L'expérience lui fit préférer les succès diplomatiques aux aléas et au coût ruineux des guerres. En 1556, la trêve de Vaucelles fut son œuvre. Nous le retrouvons, l'année suivante, à 64 ans, prêt à s'opposer aux 50 000 hommes de l'armée des Anglo-Espagnols aux ordres du duc de Savoie répartis autour de Saint-Quentin..
Nous avons appris que l'armée de Philippe II a pu s'installer sur le plateau de Remicourt et entamer le siège de notre ville ; que, malgré l'initiative de Coligny, ce siège a été maintenu ; que l'Armée française a échoué le jour de la Saint-Laurent, le 12 août 1557 et qu'elle a subi alors une des plus grandes défaites de son histoire. Montmorency y fut fait prisonnier et poussa à la conclusion de la paix de Cateau-Cambrésis en 1559, mettant fin à une guerre de près de soixante-cinq ans entre la France, Charles Quint et Philippe II et consolidant nos frontières au Nord et à l'Est.
Il connut la disgrâce sous François II, servit Catherine de Médicis et Charles IX et combattit les calvinistes. Blessé et prisonnier à la bataille de Dreux en 1562, il fut libéré par la paix d'Amboise. En 1563, il reprit Le Havre aux Anglais et c'est pendant la deuxième guerre de religion, en 1567 qu'il fut blessé à mort d'un coup de pistolet de la main de Robert Stuart à la bataille de Saint-Denis. Il expira le 12 novembre 1567 dans son hôtel de la rue Sainte-Avoye à Paris, dans les bras de Charles IX et malgré les soins d'Ambroise Paré.
Suivant l'exemple de Bayard, Montmorency défendit sans cesse son roi et sa patrie au mépris de ses intérêts ; il connut triomphes et défaites, et jamais, dans la disgrâce, ne céda à la tentation de la révolte et de la trahison.
Célébré de son vivant par Ronsard, Montluc, Vieilleville, Brantôme, admiré par Charles Quint qui le considérait, avec le duc d'Albe et lui-même, comme l'un des plus grands capitaines de son temps.
Voltaire a dit de lui « qu'il fut un homme intrépide, quoique général malheureux, qu'il était plein de grandes vertus et de défauts, esprit austère et difficile, opiniâtre, mais honnête homme et pensant avec grandeur » … |
Journée de la Fédération des Sociétés d'Histoire et d’Archéologie de l'Aisne à Laon |
par Claude Carême |
Dimanche 21 octobre 2007 |