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La Société archéologique et historique de Soissons a été créée en 1847 mais le sillon est plus ancien puisque les premières graines germaient déjà au XVIIe siècle avec la création de la Société académique de Soissons.

A cette époque, Soissons était la résidence de l'intendant de la Généralité mais aussi le siège de l'évêché qui étendait son influence dans de nombreux domaines dont ceux de l'éducation, des lettres et de l'histoire. Notre petite cité épiscopale avait un rayonnement culturel hors de proportion avec sa faible densité humaine grâce à ses établissements d'enseignement, à ses abbayes considérables peuplées de clercs rompus aux choses de l'esprit et à ses abbayes, à ses bibliothèques enfin. Tous ces atouts pourraient expliquer l'engouement précoce d'une petite élite intellectuelle pour l'histoire et les belles lettres et la décision d'une vingtaine de hauts fonctionnaires ou de clercs de s'associer pour fonder, en 1650, la Société académique de Soissons. L'intendant de la Généralité et l'évêque de Soissons y siégeaient de droit. L'Académie proposait de traiter des sujets privilégiant les belles lettres, la morale et l'histoire, particulièrement pour illustrer l'histoire du Soissonnais dont la province a été le berceau.

La vague révolutionnaire déferla sur la cité et détruisit ou dispersa à l'encan des richesses artistiques et littéraires de la ville, en particulier les riches bibliothèques ecclésiastiques en même temps que sombraient bien des sociétés d'Ancien régime comme l'Académie de Soissons marquée par ses origines. L'Empire vint. Napoléon encouragea les associations et cénacles qui concourraient à assurer sa gloire et le rayonnement intellectuel de l'Empire. En 1806, le préfet de l'Aisne rendit un arrêté qui autorisait quelques lettrés soissonnais à se grouper en société des Sciences, des Arts et des Belles Lettres de Soissons ; cette société semblait moins fermée que la défunte Académie mais elle s'étiola à partir de 1812 quand s'étiolait l'Empire et disparut avec lui. Il restait cependant, dans le département, des esprits portés vers la recherche historique et les Belles Lettres et, après une longue période de vacance, fut créée au chef-lieu une « commission d'antiquités départementale » chargée de répertorier les monuments historiques et qui fédérait les cinq arrondissements ; elle dépérit quand s'en allèrent ses dirigeants. En 1845, des archéologues soissonnais créèrent « le comité archéologique soissonnais ». Insensiblement, l'archéologie prenait le pas sur l'histoire et les Belles Lettres qui semblaient sommeiller. On doit à ces pionniers des travaux érudits sur le Soissonnais gallo-romain et la conservation des vestiges départementaux sauvés de la tourmente révolutionnaire. Mais des querelles intestines vinrent altérer les relations au sein de ce Comité et quelques uns s'en séparèrent pour fonder, en 1847, la Société historique et archéologique de Soissons. Cependant, une cité certes importante au plan de l'histoire et de l'archéologie mais comptant peu de chercheurs et de lettrés à cause du nombre restreint de ses habitants et du manque d'instruction, ne pouvait se payer le luxe de voir deux sociétés soeurs coexister, voire se déchirer. Le bon sens l'emporta et, en 1856, les deux groupes fusionnèrent et prirent le nom de « Société archéologique, historique et scientifique de Soissons ». En 1875, la Société avait doublé le nombre de ses membres et entretenait des relations avec 70 sociétés de la métropole et outre- mer ainsi qu'avec la Société des Beaux-Arts, des Lettres et des Sciences de Belgique, ce qui témoignait de l'ampleur de son rayonnement. A l'occasion du centenaire de la Société, en 1947, un bilan fait apparaître que soixante-sept volumes ont été publiés en un siècle, les publications ayant été à peine interrompues par les guerres de 1870-71 et de 1939-45. La ville ayant été évacuée pendant la guerre de 1914-1918, la société faisait paraître un volume en 1920 couvrant la période 1913-1920.


De 1947 à 2002, quinze volumes seront publiés selon un rythme plus lent que pendant la période précédente ; les thèmes abordés sont divers : l'archéologie, l'architecture, des biographies, l'histoire militaire, des monographies (études de villages, de rues…), la numismatique et, enfin, l'histoire contemporaine. Avec un total de quatre-vingt deux bulletins publiés depuis sa fondation, notre Société peut s'enorgueillir d'être la seule société savante du département à assurer une telle production historique et archéologique.

SHASS
Société historique, archéologique
et scientifique de Soissons