Pour une réflexion sur les pratiques culturelles
Rainer BENDICK : Faut-il enseigner à l'école la haine des ennemis à l'école ? Un débat en Allemagne durant la première guerre mondiale "
Yael DAGAN : “ La NRF et la coupure de la Grande Guerre”
Benoist COULIOU et Cédric MARTY : " Le déni structurant : l'autre et soi-même dans la représentation de la charge à la baïonnette (1914-1918) "
Elsa GUILLALOT : " Analyse iconographique de la carte postale de propagande de la Grande Guerre : entre discours officiel et représentations intimes "
Olaf MUELLER : " Le feu de Barbusse - la "vraie bible" des poilus et l'histoire de sa réception avant et après 1918 "
Agnese SILVESTRI : " Barbusse, Dorgelès, Werth : à propos de la production littéraire d'un discours contre la guerre et de sa réception"
Philippe OLIVERA : " Culture en guerre, culture d'exception ? Essai de mesure des formes de l'imprimé de guerre "
Thomas Loué : "
Attilas lettrés et barbares savants. La culture académique
en guerre (Revue des Deux Mondes, 1914-1918) "
En s'appuyant sur une définition
restreinte de la culture considérée comme l'ensemble des
biens culturels (presse, livre, cinéma, théâtre,
arts, etc.), cette demi-journée se propose d'envisager la période
très particulière de la guerre en posant la question de
l'articulation des logiques de production et des modalités d'appropriation
de ces biens culturels.
Alors que les travaux se multiplient sur les intellectuels et les producteurs
culturels en relation avec l'événement 14-18, il paraît
en effet nécessaire de se pencher sur les manières de
lire, de voir et d'écouter la production de guerre (considérée
à la fois comme production culturelle du temps de guerre et comme
production sur la guerre, y compris une fois celle-ci achevée).
C'est à ce titre que la notion d'appropriation proposée
par Roger Chartier (voir notamment Le monde comme représentation
, Annales ESC, novembre-décembre 1989) semble féconde
pour penser la réception et surtout la pluralité des manières
de comprendre et d'utiliser les objets culturels.
Les communications proposées dans le cadre de cette demi-journée
du colloque devront donc s'efforcer de tenir ensemble les deux bouts
de la chaine de la production et des appropriations. Cette manière
d'envisager “ la culture et la guerre permettra notamment de revenir
sur les thèmes classiques de la mobilisation intellectuelle et
de la propagande. Elle permettra de poser de manière renouvelée
la question de la spécificité de la période de
guerre et de l'objet-guerre. De ce point de vue, il pourra s'agir de
revenir sur l'idée couramment admise de la guerre comme moment
d'exception pour la production culturelle ou bien de mesurer dans quelle
mesure la guerre pousse à son paroxysme les processus classiques
de distinction culturelle. Dans la même perspective, il sera aussi
possible de poser la question de la guerre comme objet culturel sacré,
durablement sacralisé, ou au contraire comme objet pris dans
des processus de banalisation. Dès lors que toutes ces questions
se posent bien au-delà de 1918, les communications pourront porter
sur tout ou partie de la période allant de 1914 à nos
jours.
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